
Dr Lewis Depaauw-Holt
Travail effectué à Université de Montréal – CRCHUM
Publication scientifique
Depaauw-Holt, L.R., Duquenne, M., Hamane, S., Peyrard, S., Rogers, B., Ireland, C., Nasu, Y., Fulton, S., Bosson, A., Alquier, T. and Murphy-Royal, C., 2025. A divergent astrocytic response to stress alters activity patterns via distinct mechanisms in male and female mice. Nature Communications, 16(1), p.6372.
Les astrocytes jouent un rôle clé dans les modifications liées au sexe du cerveau et du comportement causés par le stress au début de la vie
Dans cette étude, Lewis DePaauw-Holt, travaillant au laboratoire du Dr Ciaran Murphy-Royal de l’Université de Montréal, a étudié comment le stress précoce influence le cerveau et le comportement. Ils visaient spécifiquement à élucider le rôle d’une cellule cérébrale non neuronale, l’astrocyte. Les chercheurs ont montré des différences frappantes dans la réponse des hommes et des femmes au stress précoce, des différences qu’ils pouvaient reproduire chez les souris non stressées en manipulant les astrocytes chimiquement et génétiquement. Ces résultats suggèrent un changement de perspective dans nos modèles de stress en impliquant directement les astrocytes dans la réponse comportementale, cellulaire et synaptique au stress.
À l’aide d’un modèle de rongeur de stress précoce (ELS), les chercheurs ont montré que le stress entraîne des changements de comportement opposés chez les souris mâles et femelles : Les souris mâles ELS ont présenté une hyperactivité, étant plus actif que des témoins, tandis que les souris femelles ELS présentent une hypoactivité, et couraient moins. Fait intéressant, ces changements de comportement étaient corrélés avec les changements dans la morphologie des astrocytes et l’excitabilité d’un type de neurones appelés neurones à orexine. Les neurones de mâles exposés au stress précoce présentaient des taux d’activation accrus indiquant une hyper excitabilité et les neurones de femelles exposées au stress précoce présentaient des taux d’activation diminués indiquant une hypo-excitabilité. Remarquablement, en manipulant de manière chimiogénétique les astrocytes dans des conditions naïves, les chercheurs ont pu récapituler les effets comportementaux, cellulaires et synaptiques du stress précoce chez les deux sexes. Les chercheurs ont également découvert qu’ils pouvaient annuler les effets du stress précoce en supprimant le récepteur des glucocorticoïdes dans les astrocytes, montrant ainsi que les astrocytes ne sont pas des cellules spectateur, mais plutôt les principaux médiateurs des effets psychologiques du stress.
Ce travail met en évidence le rôle important des astrocytes dans la réponse comportementale, cellulaire et synaptique au stress précoce et ouvre la voie à des modèles multicellulaires plus complets de la fonction cérébrale.
Compte tenu des différences profondes basées sur le sexe observées dans des conditions à la fois naïves et de stress, cet article souligne l’importance et la nécessité d’incorporer les deux sexes biologiques dans la recherche en neurosciences fondamentales.
À propos de Lewis Depaauw-Holt
Lewis est un neuroscientifique britannique passionné par l’étude des rôles complexes des astrocytes dans la régulation des circuits cérébraux afin de stimuler le comportement. Il a terminé ses recherches de maîtrise à l’UCL à Londres, au Royaume-Uni, où il a étudié le rôle de la glie dans les troubles de l’autophagie, le système de recyclage cellulaire naturel du corps. Pour son doctorat, Lewis a travaillé avec le professeur Murphy-Royal à Montréal, au Québec, pour approfondir le rôle des astrocytes dans la réponse comportementale et synaptique au stress.
Aujourd’hui, Lewis est chercheur postdoctoral au laboratoire de génétique comportementale, dirigé par le professeur Carmen Sandi à l’EPFL à Lausanne, en Suisse. Ses recherches actuelles se concentrent sur les divers effets des hormones stéroïdes sur le métabolisme des astrocytes et la fonction synaptique dans une gamme de régions cérébrales. Dans ses temps libres, Lewis aime la musique, passe du temps à la montagne et est un passionné d’athlétisme d’endurance.
Sources de financement
Fonds de recherche du Québec (FRQ) – Santé (2024-2026) – Bourse de formation doctorale
Ce projet a été supporté par
Réseau Québécois sur le Suicide, les troubles de l’humeur et les troubles Associées (RQSHA) Bourse pilote pour chercheur en début de carrière (2021-2022)
Scottish Rite Charitable Foundation of Canada (2024-2027)
CRSNG Bourse découverte (2021-2027)
