Chifaou Abdallah lauréate d’un prix Cerveau en tête

Dr Chifaou Abdallah

Dre Chifaou Abdallah

Travail effectué à Université McGill

Citation d’article

Abdallah C, Thomas J, Aron O, Avigdor T, Jaber K, Doležalová I, Mansilla D, Nevalainen P, Parikh P, Singh J, Beniczky S, Kahane P, Minotti L, Chabardes S, Colnat-Coulbois S, Maillard L, Hall J, Dubeau F, Gotman J, Grova C, Frauscher B. Visual Features in Stereo-Electroencephalography to Predict Surgical Outcome: A Multicenter Study. Ann Neurol. 2025 Sep;98(3):547-560. doi: 10.1002/ana.27278. Epub 2025 Jun 16. PMID: 40519108; PMCID: PMC12392059.

https://pmc-ncbi-nlm-nih-gov.proxy3.library.mcgill.ca/articles/PMC12392059

Identification de deux caractéristiques du signal cérébral pour guider la chirurgie dans l’épilepsie résistante au traitement

L’épilepsie est l’une des conditions neurologiques les plus courantes, affectant les individus de tous les groupes d’âge, de classes sociales et de lieux géographiques. Pour les patients dont les crises restent incontrôlées malgré un traitement médical optimal, la chirurgie de l’épilepsie représente l’option de traitement la plus efficace et offre la meilleure chance de se libérer de crises à long terme. Le succès chirurgical, cependant, dépend de manière critique de l’identification précise du tissu générant des crises (épileptogénique), car son retrait complet est un déterminant majeur du résultat postopératoire.

Malgré des évaluations préopératoires approfondies, notamment l’imagerie avancée et la stéréo-électroencéphalographie invasive (SEEG), qui reste l’étalon-or clinique, la délimitation précise du réseau épileptogène reste difficile. Dans cette étude, Chifaou Abdallah, travaillant dans les laboratoires de Birgit Frauscher et de Christophe Grova à l’Université McGill, a identifié une approche fondamentalement nouvelle et biologiquement fondée pour définir les tissus épileptogéniques à l’aide d’un SEEG invasif. Ils ont démontré que la co-localisation spatiale des pics de gamma et des pointes pré-épileptiques (préictale) fournit un marqueur robuste de la région où commence la crise qui prédit les résultats chirurgicaux avec plus de précision que les critères utilisés précédemment.

En étudiant une grande cohorte multicentrique SEEG, ils ont montré que les patients chez qui les régions définies par le chevauchement du gamma et de l’activité des pics précritiques sont supprimées sont significativement plus susceptibles d’atteindre un absence de crise. En revanche, l’élimination partielle ou incomplète de ces régions définies par des biomarqueurs est associée à des résultats nettement moins positifs. Il est important de noter que, pris de façon isolés, ni les pics gamma ni les pointes préictales n’ont atteint des performances prédictives comparables, soulignant que leur co-localisation était essentielle.

Les crises persistent chez jusqu’à 40 % des patients épileptiques, malgré l’utilisation de médicaments anti-épileptiques optimaux, et cette étude a des implications importantes pour la prise en charge clinique de ces patients atteints d’épilepsie résistante aux médicaments. En validant ce marqueur par l’étude des résultats postopératoires de crise dans une grande cohorte multicentrique de SEEG, l’étude fournit des preuves solides que l’épileptogénicité est plus précisément capturée par la convergence des deux processus que par l’une ou l’autre des caractéristiques seules. Cela répond à un défi critique dans la chirurgie de l’épilepsie, où l’identification incomplète du tissu épileptogénique reste une cause principale d’échec chirurgical.

Les résultats ont une pertinence clinique directe car ces caractéristiques peuvent être quantifiées et cartographiées au niveau du patient individuel, offrant une approche concrète pour soutenir la planification chirurgicale et pour évaluer si les principales régions épileptogènes ont été suffisamment ciblées.

Au-delà de la prise de décision chirurgicale, les résultats améliorent la compréhension au niveau du réseau de l’épileptogénicité, qui a des implications pour les stratégies d’implantation SEEG, la surveillance basée sur des marqueurs et les approches futures des soins personnalisés contre l’épilepsie.

À propos de la Dr Chifaou Abdallah

La Dre Chifaou Abdallah est une neurologue et chercheure clinique spécialisée dans l’épilepsie, avec une expertise en analyse intracrânienne EEG (SEEG), magnétoencéphalographie (MEG), EEG haute densité (HD-EEG) et chirurgie de l’épilepsie. Elle a complété sa formation médicale en France, notamment sa résidence en neurologie et son stage clinique, avant de poursuivre un doctorat en neurosciences à l’Université McGill. Son travail de doctorat a été mené à l’Institut et hôpital neurologique de Montréal, dans les laboratoires de Drs Birgit Frauscher et Christophe Grova. Ses recherches portent sur l’identification de biomarqueurs électrophysiologiques fiables de la zone épileptogène afin d’améliorer les résultats chirurgicaux chez les patients atteints d’épilepsie pharmaco-résistante. Son travail intègre l’électrophysiologie invasive, la neuroimagerie multimodale et les analyses de résultats à orientation clinique, dans le but de développer des outils pratiques qui peuvent être mis en œuvre dans les centres d’épilepsie.

Sources de financement

Le financement de cette recherche a été fourni par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Fonds de recherche du Québec—Santé (FRQ) et la Fondation Savoy.