Prix Cerveau en tête 2020: Jeremy J Watts

Jeremy J Watts
Jeremy J Watts

Dr Jeremy J Watts – University of Toronto

Scientific Publication

Jeremy J Watts, Maya R Jacobson, Nittha Lalang, Isabelle Boileau, Rachel F Tyndale, Michael Kiang, Ruth A Ross, Sylvain Houle, Alan A Wilson, Pablo Rusjan, Romina Mizrahi (2020) Imaging brain fatty acid amide hydrolase in untreated patients with psychosis. Biological Psychiatry, 88(9), pp. 727-735

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006322320312993

 

Le système de neurotransmetteurs » cannabis » du cerveau identifié comme un biomarqueur potentiel des symptômes psychotiques

Les recherches menées par le Dr Jeremy J Watts, qui travaille dans le laboratoire du Dr Romina Mizrahi au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), semblent indiquer qu’il existe un lien entre le système de neurotransmetteurs endocannabinoïdes du cerveau et les symptômes psychotiques positifs ressentis par les patients atteints de troubles schizophréniques. Grâce à la neuro-imagerie moléculaire, les chercheurs ont découvert que les patients présentant les symptômes psychotiques positifs les plus graves (par exemple, délires, hallucinations) avaient également tendance à avoir les niveaux cérébraux les plus bas d’une protéine – connue sous le nom de FAAH – qui décompose les neurotransmetteurs endocannabinoïdes dans le cerveau.

 

Le système endocannabinoïde a déjà été impliqué dans la schizophrénie en raison des changements observés dans le cerveau des patients schizophrènes et de l’association entre une forte consommation de cannabis et un risque accru de développer une schizophrénie. La FAAH décompose l’anandamide, un neurotransmetteur endocannabinoïde qui active les mêmes récepteurs cannabinoïdes « CB1 » que ceux activés par le cannabis. Des études antérieures ont signalé que les patients atteints de schizophrénie présentant des symptômes aigus avaient des taux élevés d’anandamide dans le sang et le liquide céphalorachidien. Étant donné le rôle de la FAAH dans le contrôle des niveaux d’anandamide, les présentes conclusions apportent des arguments supplémentaires en faveur d’un lien entre le métabolisme de l’anandamide et les symptômes psychotiques aigus chez les patients atteints de schizophrénie.

 

Les troubles psychotiques comme la schizophrénie apparaissent à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte et sont l’une des principales causes d’invalidité dans le monde. Les médicaments actuellement disponibles ne sont pas efficaces chez tous les patients et ne traitent pas tous les symptômes de la maladie. En ce qui concerne les implications cliniques potentielles de cette découverte, les auteurs d’un commentaire scientifique sur ces travaux ont émis l’hypothèse que « si la baisse de la FAAH observée en présence de symptômes plus importants reflète la tentative de l’organisme de réduire les symptômes, cela soulèverait la possibilité de tester les inhibiteurs de la FAAH dans le traitement des symptômes positifs » et ont recommandé que « les études futures devraient examiner l’activité de la FAAH dans la [schizophrénie] ».

M Ranganathan, & DC D’Souza. (2020) Alterations in the Endocannabinoid System in Schizophrenia. Biological psychiatry 88(9), pp. 675-677 https://doi.org/10.1016/j.biopsych.2020.08.019

Dr Jeremy J Watts

Le Dr Jeremy Watts a réalisé ces travaux pendant sa formation doctorale dans le laboratoire du Dr Romina Mizrahi à CAMH et au département de pharmacologie et de toxicologie de l’Université de Toronto. Le Dr Watts est actuellement boursier postdoctoral au CHU Sainte-Justine et à l’Université de Montréal, dans les laboratoires des Drs Patricia Conrod et Stéphane Potvin, où il prolonge ses travaux de doctorat en étudiant les liens entre l’exposition au cannabis des adolescents, le risque de psychose et le neurodéveloppement.

Sources de financement

Ce travail a été soutenu par une subvention NARSAD Independent Investigator’s Grant et des subventions du National Institute of Mental Health. Cette étude a été soutenue, en partie, par le financement du programme des chaires de recherche du Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada et du Centre de toxicomanie et de santé mentale. Cette étude a été soutenue, en partie, par le National Institute of Health et le National Institute of Drug Abuse, la Fondation ontarienne de la santé mentale et une subvention de projet de recherche des Instituts de santé du Canada.