L’Association canadienne des neurosciences est très fière d’annoncer que Maria Ioannou, de l’Université de l’Alberta, remporte le prix de la nouvelle chercheure de l’ACN 2026 pour son travail innovant qui a révélé de nouveaux mécanismes par lesquels les neurones expulsent, transfèrent et détoxifient les lipides peroxydés. et comment la glie agit comme tampon métaboliques indispensable qui préserve la viabilité neuronale. Maria Ioannou est une neuroscientifique en début de carrière exceptionnelle dont le programme de recherche interdisciplinaire a déjà produit des découvertes mécanistes révolutionnaires et ouvert de nouveaux champs d’étude. Maria Ioannou fait preuve d’un leadership scientifique clair au sein de la communauté des neurosciences.

Le cerveau est composé de 60 % de lipides, ce qui en fait l’organe le plus gras du corps après le tissu adipeux. Pourtant, nous savons relativement peu de choses sur la façon dont les lipides sont régulés dans le cerveau et leur contribution à la physiologie neurale par rapport aux protéines. Le programme de recherche de Maria Ioannou a contribué à combler ce déficit de connaissances en explorant le rôle des lipides dans le cerveau sain et malade. Auparavant, on pensait que le flux lipidique était unidirectionnel des cellules gliales aux neurones. Dans son travail postdoctoral, Maria Ioannou a découvert une voie essentielle par laquelle les neurones transportent les lipides vers la glie (Cell, 2019), défiant ce dogme de longue date en montrant que le flux lipidique est bidirectionnel. Les lipides transportés sont endommagés par des espèces réactives de l’oxygène et sont donc toxiques – les éliminer des neurones est donc protecteur. Comment les neurones éliminent ces lipides n’était cependant pas connu.
Depuis qu’elle a commencé son travail à l’Université de l’Alberta, Maria Ioannou et son équipe ont découvert que les neurones se débarrassent des lipides toxiques : i) en éjectant directement les lipides stockés dans les lysosomes par exocytose (J Cell Biol, 2023) ou ii) par des particules de lipoprotéines portant l’apoE qui extrait les lipides directement de la membrane plasmique neuronale (Neuron, 2026 ). Ils ont en outre découvert que les particules de lipoprotéines synthétiques pouvaient être utilisées comme thérapie biologique potentielle pour éliminer les lipides toxiques des neurones dans des modèles précliniques de la maladie d’Alzheimer.
Son équipe a ensuite défini comment le métabolisme des lipides est régulé dans les astrocytes (un type de cellule gliale) pour coordonner leur capacité à dégrader les lipides endommagés libérés par les neurones (J. Cell Sci., 2025). Plus récemment, Maria Ioannou a lancé une nouvelle direction de recherche découlant de la découverte que les lipides favorisent la propagation des protéines mal repliées dans la maladie de Parkinson en utilisant des vésicules extracellulaires appelées ectosomes (Nat. Cell Biol., 2026).
Collectivement, ces études placent l’équipe de Maria Ioannou à l’avant-garde de la recherche sur les lipides dans le cerveau. Son excellence en recherche est mise en évidence par de nombreuses reconnaissances: Chaire de recherche au Canada de niveau 2 en biologie des cellules lipidiques du cerveau, Future leader de la recherche sur le cerveau Brain Canada, boursière Sloan en neurosciences, nommée ‘Cell Scientist to Watch’ par le Journal of Cell Science, ses collaborations avec l’industrie et plus de 57 présentations invitées.
Les recherches de Maria ont déjà influencé plusieurs domaines de la neuroscience, notamment la neurodégénérescence, la biologie gliale, le métabolisme des lipides et les mécanismes de mort cellulaire. Ses travaux ont changé la façon dont les scientifiques conceptualisent les dommages lipidiques oxydatifs, non pas comme un sous-produit métabolique passif, mais comme un processus activement régulé et régi par la communication neurone-glie. Cette perspective unificatrice a de vastes implications pour la compréhension des mécanismes de la maladie et l’identification de nouvelles stratégies thérapeutiques.
–Dr James Olzmann, PhD, Chaire Doris H. Calloway et professeur de biologie moléculaire et cellulaire et de biologie métabolique & nutrition à l’Université de Californie à Berkeley
En plus de son excellence en recherche, Maria Ioannou a démontré un fort leadership scientifique au sein de la communauté des neurosciences au sens large. Elle est une mentor dévouée et réfléchie qui a créé un environnement de laboratoire collaboratif et solidaire qui privilégie la formation rigoureuse, l’indépendance intellectuelle et le développement professionnel. Ses stagiaires décrivent systématiquement son laboratoire comme stimulant et inclusif, et ils sont bien préparés pour divers cheminements de carrière en sciences.
La capacité de Maria Ioannou à adopter une approche créative et multidisciplinaire en science est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles elle excelle en tant que chercheuse indépendante. L’étendue des méthodes qu’elle utilise dans ses projets s’étendent des tests biochimiques et biologiques cellulaires, au séquençage de l’ARN, à plusieurs types de microscopie électronique, a`l’activation chimiogénétique in vivo des neurones à des modèles d’AVC. Elle a développé un test basé sur l’imagerie pour quantifier le transport des lipides entre les cellules – cette approche innovante basée sur l’imagerie rend son programme de recherche sur l’homéostasie des lipides dans le cerveau unique.
Maria est une jeune scientifique impressionnante et talentueuse qui, selon moi, a un potentiel extraordinaire. Elle est créative et collaborative ; Elle n’a pas peur de choisir les meilleures méthodes pour répondre à ses questions expérimentales, et elle a développé un nouveau programme de recherche innovant qui permettra de mieux comprendre le cerveau en santé et lors de maladie.
Hugo J, Bellen, DVM, PhD, Professeur distingué, Baylor College of Medicine
Nous sommes très fiers de remettre à Maria Ioannou avec le prix de la Nouvelle chercheure de l’ACN 2026.
Cinq publications les plus importantes
1. Jacquemyn J, Marriot B, Chang J, Lee NYJ, Rubio Atonal LF, Green C, Wong J, Chik K, Acevedo-Morantes C, Chen CXQ, Nicouleau M, You Z, Deneault E, Abdian N, Durcan TM, Jackson J & Ioannou MS* (2026). Glucosylceramide induced ectosomes propagate pathogenic α-synuclein in Parkinson’s disease. Nat Cell Biol. 28(3):492-506.
Highlighted by Dong, Zhang & Li (2026) Nature Cell Biology. 28: 385–386
2. Ralhan I, Do AD, Bae J, Feringa FM, Cai W, Chang J, Chik K, Gerry C, Lee NYJ, Kant RVD, Jackson J, Ricq EL & Ioannou MS* (2026). Protective ApoE variants support neuronal function by extracting peroxidated lipids. Neuron. 114(4):661-678.
Sélectionné pour un résumé par Heffner & Di Paolo (2026) Neuron. 114 (4):556-558
Sélectionné pour un résumé par Yates (2026) Nature Rev Neurosci. 27: 155
3. Rubio Atonal LF, Chang J, Ralhan I, Jacquemyn J & Ioannou MS* (2025) Glutamate signaling decreases astrocytic lipid droplets and oxidative stress. J Cell Sci. 138(19):jcs263983
Highlight J Cell Sci (2025) 138 (19): e138_e1901.
Sélectionné pour l’image de couverture
4. Ralhan I, Chang J, Moulton MJ, Goodman LD, Lee NYJ, Plummer G, Pasolli HA, Matthies D, Bellen HJ & Ioannou MS* (2023) Autolysosomal exocytosis of lipids protect neurons from ferroptosis. J Cell Biol. 222(6):e202207130
Sélectionné pour la collection spéciale: Cellular Neurobiology 2023
5. Ioannou MS*, Jackson J, Sheu SH, Chang CL, Weigel AV, Liu H, Pasolli HA, Xu CS, Pang S, Matthies D, Hess HF, Lippincott-Schwartz J & Liu Z (2019) Neuron-astrocyte metabolic coupling protects against activity-induced fatty acid toxicity. Cell 177(6):1522-1535.
Sélectionné pour un résumé par Whalley, K. (2019) Nat Rev Neurosci 20, 378–379
Sélectionné pour un résumé par Mukherjee & Soham (2019) Trends Endocrinol Metab 30 (9), 573–575
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